Les incapacités cognitives (partie 1/3)

17 December 2006

Comme promis, voici la première partie d’un article sur les Incapacités Cognitives et leur prise en compte pour la création de Sites Web. Vous pouvez le télécharger en format PDF : introduction sur les incapacités cognitives.

Ce texte est la traduction d’un article publié sur le site “WebAIM, Web Accessibility in Mind”. Le texte original peut être consulté à cette adresse : http://www.webaim.org/articles/cognitive/ . En voici le sommaire :

PARTIE 1 : INTRODUCTION
1. Ce qui doit être pris en compte…
2. Les incapacités cognitives fonctionnelles vs cliniques
3. La mémoire
4. La résolution de problèmes
5. L’attention
6. La lecture, la compréhension linguistique et verbale
a. Texte non-litéral
b. L’implicite
7. La compréhension des Mathématiques
8. La compréhension visuelle
PARTIE 2 : POUR LA CONCEPTION (traduction à venir)
PARTIE 3 : ACTIVITE AUTOUR DES INCAPACITES COGNITIVES (traduction à venir)

J’espère pourvoir traduire les deux autres parties assez rapidement. Le sujet de l’Accessibilité m’est cher, et pour moi le Web, qui est souvent capable du pire comme du meilleur, se doit d’oeuvrer pour l’égalité des chances et pour le droit à l’information pour tous…

Pour les développeurs de site, ce n’est le plus souvent qu’une prise de conscience à avoir et quelques modifications à apporter à leur façon de travailler, mais pour les personnes atteintes d’un handicap c’est l’horizon qui s’élargit…

L’accessibilité Web reste une priorité…

12 November 2006

Je travaille depuis près de sept ans dans la conception d’interfaces graphiques pour le Web, la création de sites Internet…
Même si mes projets sont résolument tournés désormais vers l’ergonomie (je prépare parallèlement à mon travail un Master Recherche d’ergonomie), on comprendrait mal ici pourquoi je ne fais aucune allusion à cette première vie dans le Web…

Ceux qui me connaissent savent que j’ai une vision quelquefois très critique du Web : cela reste pour moi un outil qui peut être très utile, mais qui n’est pas la solution miracle à tous les maux… Le Web n’est que ce qu’on en fait.

Je m’intéresse depuis des années aux problèmes du handicap. En ergonomie, j’ai eu par exemple l’occasion de rédiger une sorte d’état de l’art sur le thème “Intervenir auprès de personnes présentant un retard mental”. Côté Web, j’essaie de penser mes sites de sorte qu’ils soient le plus accessibles possible.

L’accessibilité Web est un enjeu majeur car si le Web n’est pas une solution miracle, il a tout de même révolutionné la vie des personnes handicapées physiques ou mentales, qui désormais, peuvent consulter les journaux, faire leurs courses, avoir le même niveau d’information que les personnes sans handicap…

On pense souvent aux personnes non ou mal-voyantes, mais l’accessibilité Web est tout aussi importante pour les personnes déficientes mentales.

C’est pourquoi, je publierai très prochainement sur ce blog la traduction d’un article anglais sur les incapacités cognitives afin que les créateurs de site Web soient sensibilisés aux spécificités du handicap mental.

PS : J’en profite pour signaler le blog de François Palaci, chargé de mission “Ergonomie et Handicap”, qui traite depuis des années des problèmes d’Accessibilité Web.

Cachez ces témoignages (sur le travail) que je ne saurais voir…

25 October 2006

Il y a quelques semaines de celà fermait un des blogs que je suivais avec grande attention : Carnet d’un inspecteur du travail. Pressions hiérarchiques ou conséquences de révélations médiatiques, je ne veux pas rentrer dans ce débat là… Je regrette juste ces billets qui reflétaient la réalité du monde du travail sans stigmatisation, sans parti pris et dans le respect des règles déontologiques (notamment le respect de l’anonymat).

Ce que Bereno faisait ouvertement sur son blog, nous le faisons tous dans notre communauté d’ergonomes en cherchant à partager nos points de vue, nos expériences… notamment via des listes de diffusions telles qu’Ergoliste ou les colloques. Sans cette possibilité de s’adonner à des activités réflexives sur notre pratique nous perdrions, je pense, le recul et la richesse nécessaires à toute intervention.

Moi-même sur ce blog, j’ai été tentée de lancer une discussion à partir d’exemples rencontrés dans mes interventions et ce afin que les commentaires puissent m’aider à revenir sur ma pratique d’ergonome débutante… N’ayant que peu d’expérience, j’ai renoncé à cette idée, pensant qu’il serait trop facile de retrouver le nom de l’entreprise où l’intervention a eu lieu…

Cependant, je ne peux qu’encourager les ergonomes expérimentés à faire des retours sur expérience et à partager la complexité des situations de travail qu’ils ont rencontrées… Bereno, pour sa profession, l’a fait à travers de nombreux billets publiés sur son blog. Dommage que les vérités dérangent parfois.

Que la chasse à l’ergonomie “vaudou” commence !

26 September 2006

La brosse à dents ergonomique, ça vous dit quelque chose ?
Quand on présente l’ergonomie, notre interlocuteur a tôt fait de nous la renvoyer en pleine figure…

Nous avons ici à faire à ce que Chong appelait “voodoo ergonomics” (Chong, 1996, cité par Hendrick, 1996 ou Todd & Cripwell, 2006), l’ergonomie vaudou, le cauchemar de la profession. D’un côté de nombreux produits ou postes de travail se targuent d’avoir été conçus ergonomiquement, et de l’autre certains professionnels se sont longtemps improvisés ergonomes, sans avoir de véritables accréditation ou compétences…

Cette désinformation a comme conséquence de discréditer les véritables interventions ergonomiques et s’ajoute au préjugé déjà tenace qui consiste à dire que l’ergonomie n’est qu’une question de bon sens…

A nous de mieux faire connaître l’ergonomie auprès des entreprises, d’apprendre à argumenter avec les mots des dirigeants en faveur de nos interventions et de leur proposer un modèle économique qui leur prouve qu’une intervention a certes un coût, mais qu’elle est le plus souvent porteuse de bénéfices.

Pour en revenir à la brosse à dents… s’il faut fustiger les pâles imitations, il faut également rendre à César ce qui lui appartient ! En effet, certaines entreprises mènent de véritables études ergonomiques pour concevoir leurs produits. C’est le cas de l’entreprise AB Sandvik Saws and Tools qui cherchait à avoir une position de leader sur son marché. Pour cela la conception de nouveaux outils (”ergotools”) sur des critères ergonomiques lui a permis de gagner plus de parts de marché et de se distinguer de ses autres concurrents (Dul & Neumann, 2005).

Transformation d'un couteau à desosserEt les exemples de “bonne” ergonomie sont nombreux… Dans une entreprise de désossage de poulets, beaucoup d’opérateurs se plaignaient du syndrôme du canal carpien. Suite à l’intervention d’un ergonome, leur couteau a été transformé (cf. photo ci-contre) ; cette transformation a eu non seulement des conséquences positives en terme de santé (moins de douleurs, plus de confort pour exécuter les gestes), mais également en terme financier (plus de productivité, moins de compensations liées aux arrêts de travail…). Sur 5 ans, pas moins de 500.000$ ont été ainsi économisés et les TMS ont considérablement réduits ! (Hendrick, 1996).

C’est cette ergonomie là qu’il faut promouvoir pour chasser l’ergonomie “vaudou”…

Références :

Chong, I. (1996). The economics of ergonomics. Workplace Ergonomics, March/April, pp. 26–29.

Dul, J., and Neumann, W. P. (2005). Ergonomics contributions to company strategies. In 10th International conference on human aspects of advanced manufacturing: agility and hybrid automation (HAAMAH 2005), San Diego, USA.

Hendrick, H.W. (1996). The ergonomics of economics is the economics of ergonomics. In Proceeding of Human Factors and Ergonomics Society 40th Annual Meeting (pp.4-10). Santa Monica, California, US, September.

Todd, A.I., Cripwell, A. (2006). Cost-Benefit analysis: Lessons to be learnt from environmental economics. In Proceedings of ESSA 2006: the 9th Conference of the Ergonomics Society of South Africa (pp.165-174). Pretoria, South Africa, January.

L’effet “placebo” a un nom : l’effet Hawthorne !

7 September 2006

Hasard des lectures, un article plus loin et je peux désormais mettre un nom sur l’effet “placebo” que je nommais ainsi maladroitement : l’effet Hawthorne (Hawthorne effect) !

Selon la définition d’ergologique.com c’est donc “l’influence motivante qui entraîne l’amélioration de la performance chez un participant à une expérience ou une étude. L’amélioration de la performance due à l’effet Hawthorne, et non pas aux facteurs expérimentaux, est liée au sentiment de valorisation ressenti par les sujets conscients de faire l’objet d’une attention particulière.”

Ce phénomène tient son nom du lieu où il a été découvert (banlieue de Chicago). L’usine de la Western Electric Company a tenté d’étudier les effets de l’éclairage sur l’efficacité des opérateurs. Un des groupes d’ouvriers estimait que l’éclairage était meilleur alors que les ampoules étaient identiques à celles utilisées précédemment : leur efficacité a cependant augmenté.

En conclusion de cette découverte : tout changement sur l’environnement peut influer sur les comportements et ce indépendamment de la nature même du changement.

Pour nos interventions/expérimentations, il semblerait que le seul moyen de contourner l’effet Hawthorne est le temps. En effet, comme je le soulignais dans mon billet précédent, cet effet reste éphémère et les véritables conditions de travail reprennent vite leur droit.



Warning: Unknown(): open(/mnt/111/sda/5/3/ludivine.mas/sessions/sess_7452eab4e93e1cd2fd2a36678146a2b5, O_RDWR) failed: No such file or directory (2) in Unknown on line 0

Warning: Unknown(): Failed to write session data (files). Please verify that the current setting of session.save_path is correct (/mnt/111/sda/5/3/ludivine.mas/sessions) in Unknown on line 0